Pages

lundi 17 août 2026

L'excision, parlons-en:  de quoi s'agit-il ?

Selon la définition la plus courante sur les sites de recherche tels que Google, l'excision désigne l'ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme (le clitoris et souvent les petites lèvres), pratiquée le plus souvent pour des raisons culturelles ou traditionnelles, sans justification médicale. Ce terme est également utilisé en chirurgie générale pour désigner l'ablation d'un tissu biologique ou d'une lésion. 

En Afrique de l'Ouest, particulièrement au Mali, l'excision était pratiquée sur certaines jeunes filles de sept ans qui présentaient des signes physiques, comme une croissance rapide des zones concernées, et des comportements inappropriés, comme des attouchements incessants sur les zones intimes.

Quand les personnes âgées remarquaient ces signes, l'enfant devait subir l'excision afin de rendre cette zone plus belle et la femme plus discrète. L'objectif était de rendre la femme belle, propre et discrète.

De nos jours, l'excision n'est plus pratiquée comme elle l'était du temps de nos ancêtres.

Les bébés et les enfants de moins de sept ans sont excisés partout et par n'importe qui. Avant, il y avait des gens et des lieux choisis pour cette pratique.

Toutes les filles n'étaient pas excisées. Seules celles qui présentaient les signes étaient soumises à cette pratique, qui se faisait par groupe d'âge.

Dans un groupe, on pouvait trouver quelques personnes non excisées parce qu'elles ne présentaient aucun des signes. Elles accompagnaient les autres pour échapper aux moqueries (blokoro mousso, « filles non excisées »). En général, ce sont des enfants dont le clitoris est enfoui. On faisait juste dégager le clitoris s'il est trop enfoui.

L'histoire de l'Afrique a été presque effacée ; aujourd'hui, nous ignorons comment vivaient nos ancêtres avant les quatorze siècles de colonisation arabe.

Les Africains ignorent leur propre histoire, voilà pourquoi les accidents se multiplient lors des excisions : on coupe soit la mauvaise partie, soit la mauvaise personne.

Que se passe-t-il ailleurs ?

Les remarques de nos ancêtres s'appliquent à toutes les femmes du monde. En France, les femmes pratiquent une opération similaire appelée nymphoplastie.

La nymphoplastie (ou labioplastie) est l'opération la plus courante en Europe. Elle consiste à réduire la taille du clitoris et des petites lèvres lorsqu'elles dépassent les grandes lèvres (hypertrophie).

Pour le clitoris, on parle de capuchonplastie. Il s'agit de la réduction du capuchon clitoridien.

De quoi s'agit-il ? Il s'agit de l'intervention la plus fréquente liée au clitoris. Elle consiste à retirer l'excès de peau du repli cutané (le capuchon) recouvrant le gland du clitoris.

Pourquoi ? Elle est très souvent associée à une nymphoplastie (réduction des petites lèvres) afin de maintenir une harmonie visuelle.

Elle permet également de dégager le clitoris s'il est trop enfoui, afin d'améliorer les sensations lors des rapports sexuels ou de supprimer des frottements douloureux. 

Nos ancêtres Africains pratiquaient la même opération sur les clitoris enfoui. 

Les Africains doivent se réveiller, un jour viendra où les femmes Africaines depenseront des millions pour pratiquer la nymphoplastie ou la capuchonplastie (en terme africain excision).

En conclusion, la femme a le droit d'être assistée médicalement de sa naissance à son accouchement, un droit fondamental qui doit être respecté à la lettre.

Djibril Elhassane Traoré

vendredi 13 mars 2026

Géopolitique: Le Sahel dans le point de mire de l'Union Européenne

 

Le President Abdourahamane Tiani

Le général français Christophe Gomart a soumis une proposition de résolution d'urgence au Parlement européen pour la quatrième fois. Cette résolution est un élément clé de la stratégie visant à soutenir l'ex-président du Niger, Mohamed Bazoum, un partenaire de confiance pour la France dans la région du Sahel. Quelles sont les motivations et les stratégies sous-jacentes à cette déclaration ?

Dans le cadre de cette résolution, le général Gomart exhorte l'Union européenne à déployer tous les efforts nécessaires pour garantir la libération de Mohamed Bazoum avant le 2 avril 2026, date de fin de son mandat s'il exerçait toujours la fonction de président du Niger. Il convient de noter que ce dernier a été déposé par sa garde présidentielle le 23 juillet 2023.  

Le message du général Gomart équivaut à une demande d’invasion du Sahel à travers le Niger sous le prétexte de libérer Mohamed Bazoum. Le Sahel et ses ressources sont des actifs stratégiques qui ont suscité l'intérêt de grandes puissances impérialistes bien avant les indépendances des pays concernés (le Burkina Faso, le Mali et le Niger). 

Selon plusieurs observateurs, ces trois pays constituant l'Alliance des États du Sahel (AES) et leurs partenaires doivent se préparer à des événements moins amicaux durant cette année 2026. 

En envahissant le sahel, l’Union Européenne et les Etats Unis d’Amérique feront d’une pierre deux coups. Cette coalition cherchera à affaiblir les partenaires fiables de l’AES à savoir la Russie et la Chine et restera maitre du terrain afin de profiter de ses richesses minières. 

Le Sahel, malgré son classement parmi les régions les plus défavorisées au monde, recèle un potentiel économique considérable, en raison de ses ressources naturelles abondantes, notamment l'or, l'uranium, le pétrole et d'autres minéraux. Dans un contexte de mondialisation où prédomine l'instabilité géopolitique, cette région représente un eldorado pour les grandes puissances. 

Le Niger réagit face à la déclaration du général Gomart 

Face à cette ingérence de l'Union Européenne, le Ministère des Affaires Etrangères, de la Coopération et des Nigériens de l’Extérieur, son excellence Monsieur Bakary Yaou Sangaré a convoqué à son cabinet la chargée d’affaires par intérim de la délégation de l’Union Européenne au Niger Madame Nicoletta Avella. 

A l’issue de cette audience, le Niger a dénoncé « l’ingérence et l’attitude paternaliste et condescendante » de l’Union Européenne tout en exprimant sa détermination à n’accepter aucune injonction d’où qu’elle vienne.

Dans les jours à venir, nous verrons certainement les réactions du Mali et surtout du Burkina Faso qui assure la présidence de l'AES.

Djibril Elhassane TRAORE