Depuis plus de deux ans, les djihadistes armés en motos et pick up ont imposé leur loi dans beaucoup de villages presque partout au Mali.
A Macina, dans la région de Ségou, certains villages impuissants tels que Fiah, Dinanbougou, Diri, Tiontiè, etc, sous une forte pression, ont été obligés de signer un pacte "benkan" avec les djihadistes, devenus maîtres des lieux.
Ce pacte est une forme de colonisation dégradante et humiliante. Les habitants sont obligés de partager tout avec leurs nouveaux maîtres : récolte, bétails, femmes et enfants, richesses et armes.
Au delà des villages signataires du "pacte dit de soumission" imposé par les nouveaux maîtres (les djihadistes), les autres qui ont refusé ce pacte notamment Touara, Ouani, Ndokoro, etc. sont sous une forme de blocus.
Les habitants de ces villages ne peuvent se déplacer que sous escorte militaires comme se fut le cas une semaine avant le carême.
Rappelons que, les écoles, les medersas et les CSCOM sont fermés depuis deux ans. Les blessés suite aux attaques des djihadistes, les femmes enceintes et les malades sont difficilements évacués vers la ville de Macina à 15km.
La situation devient de plus en plus insoutenable pour beaucoup d'autres villages, tous s'accordent à dire que les patrouilles militaires, dans une zone aussi vaste que l'inter fleuve, sont insuffisantes pour sécuriser le cercle de Macina et environnants.
Si seulement les équipes militaires pouvaient passer dans chaque village au moins une fois par mois, cela soulagerait la souffrance des populations vulnérables.
Et si rien n'est fait pour arrêter la progression de ces bandits armés, ce sont d'autres villages qui seront obligés de participer passivement et activement à l'invasion djihadistes sur le reste du territoire Malien.
Dans ce combat contre le mal, nous pensons qu'il faille associer certains combattants de nos brigades villageoises. Ils ont l'avantage de bien maitriser le terrain.
Par le Comité de rédaction des ressortissants du village de Touara à Bamako